Qui suis-je ? - Ysa Gudule

Mode d'emploi rapide :


Les photos sont classées en deux grandes catégories :

- Avec texte : les miens ("Mots d'mouchoir", "Nouvelles fraîches" et "Raconte pas ta vie") et ceux des autres (les textes des "mots dits z'autres" et les citations de "Mots dits : Keskidi") : dialogues de mots et d'images.

- Sans texte (des images qui parlent toutes seules) 


Les images sans texte sont classées en 6 grandes rubriques :

- Macro, un monde tout petit, chez les végétaux, les animaux, le minéral inanimé, un coin bio pour les objets issus du vivant, et un coin macro moins conventionnel.

- Nature et paysage, déclinés en 4 saisons, un inventaire de paysages typiques, des mondes réinventés et une vue du ciel.
- Couleurs, lignes et lumières, vers l'Abstraction, avec le noir et blanc, la couleur, la ligne, et de la lumière

- De l'art ou du cochon, le rendez vous des musiciens, des spectacles vivants en tout genre, des plasticiens, et des exhibitions d'objets jusqu'aux plus insolites.

- Z'humains ou z'autres (des petites histoires où des photos mises en vidéos vous racontent, des portraits d'humains (ou pas), des traces humaines et leur impact sur l'environnement, et une histoire de partage photographique avec d'autres z'humains, les photos au format carré d'Instagram )

Attention, certaines galeries sont présentées avec une image d'un appareil Kodak estampillé "Clic-Clac Kodak", ces photos sont juste des témoins de mon passage en ces lieux, ce sont les premières numériques avec un appareil qui "essayait" de faire les photos que je lui demandais, quasi sans post-traitement de retouche pour certaines, lors des grands débuts. C'est pas du grand art, c'est de la carte postale pleine de souvenirs)



Un peu plus en détail :

Qui suis-je ?

Que Fais-Je ?

Où vais-je ?

Comment-je ?

Pourquoi-je ?


Attirée par les arts visuels, j'ai commencé très tôt à pratiquer arts plastiques. Je commence à « gaspiller » de la pellicule avec un micro compact à 3 francs 6 sous : un Agfamatic 100 Sensor, la seule chose positive qui me restera de ma communion solennelle.

Je fais mes études d'arts plastiques à l'université Rennes II Haute Bretagne. Mon premier reflex, un Nikon F601 avec un 35-70, augmente mes possibilités de créativité en photo. Je commence à travailler dans l’éducation nationale. L’appareil photo est la pratique artistique que j’utilise le plus, comme un pinceau et une palette de peinture, ma vision de plasticienne me pousse à expérimenter des sentiers pas toujours très balisés. J’apprends à développer et tirer mes photos. Les photos argentiques ne sont pas en ligne.

Avec l’arrivée du numérique, je me retrouve avec un Kodak LS743 Zoom Digital. La quantité de photos augmente…. au détriment de la qualité … quasi sans retouche logiciel, du moins pour les toutes premières. Mais n’ayant plus de labo photo à disposition, j’hésite à ressortir l’argentique pour faire une belle série noir & blanc …  Ce sont des coins que j’ai visité, que j’ai vu, senti, vécu … Ils font partie de mes bagages de vie, comme un témoignage . ... des cartes postales ! Les galeries contenant ces photos portent un petit logo "Clic Clac Kodak". Certaines de ces images ont tiré leur épingle du jeu, elles se dédoublent et vont côtoyer les photos plus récentes dans les galeries moins réservées...

Mais je me lasse vite de ce micro appareil. Je reprends un réflex, mais numérique, un Nikon D50 format DX. Le résultat est nettement plus satisfaisant, même si à l’agrandissement, on ne retrouve pas la même qualité qu’avec l’argentique. Je fais plus de retouches photo pour améliorer les « tirages ».

Puis je me fais le gros cadeau, j’acquière un réflex numérique avec un capteur full-frame, quasi la finesse de l'argentique : un Nikon D700. C’est celui que j’ai toujours, avec un AF Nikkor 24-70 mm 2:8, AF Nikkor 18-35 mm 3:5, AF micro Nikkor 200 mm 1:4 (macro), Sigma EX 70-200mm macro HSM. Pour compléter, j’utilise des adaptateurs pour mettre un Catadioptrique Opteka 500 mm 1:4.

Et pour ne pas manquer d'image, j'utilise parallèlement un appareil de sac à main, le Fuji X-M1, avec un 27 mm, un 16-50 mm, un 50-130 mm, et un 60 mm macro. Et pour les partages Instagram, le portable fonctionne aussi de temps en temps.

J’affine mes connaissances en logiciel de retouche et j’utilise les techniques en école buissonnière, habituée à détourner les matériaux que j’ai dans les mains. Je rajoute aussi, parfois, sur les tirages eux-mêmes, quelques touches de peinture sorties de mes tubes et de mes pots. Mais il ne s’agit plus de retouche, mais bien d’un ajout supplémentaire, qui transforme la photo.

Pour les textes, J’écoute beaucoup de chansons de la nouvelle scène française, la musique des mots en grande liberté. Allain Leprest disait à tout le monde : « Toi, tu dois écrire !». J’avais souvent des petits morceaux qui démarraient dans la tête, sans jamais aboutir faute de les écrire. Un jour d’août 2012, j’ai attrapé le stylo. Ces mots écrits, des mots dits, que j’ai surnommé mes « mots d’mouchoirs » puisqu’ils ne sont plus oubliés, j’aime les associer avec mes images. Puis on me suggérait de conserver la trace des petites notes de vie que je partageais ainsi que des textes plus longs.

Parfois le texte appelle l’image, parfois, l’image appelle le texte, mais les oreilles et les yeux se rejoignent toujours dans la tête.

Mais je ne veux pas être seule en scène j’aime partager les mots, je leur ai donc réservé un espace, où mes images viennent soutenir leur mots : les mots dits z’autres !

Bonne visite !


En complément :

Zoom sur :

théorie de la médiation et arts plastiques

"Qu'est-ce que l'Art ?"

"Qu'est-ce qu'un artiste ?"

"Qu'est-ce que la Beauté ?"


Théorie de la médiation

(à partir des recherches de Jean Gagnepain)

Université rennes II Haute Bretagne


Pour parler de l’Art, il faudrait d’abord le définir. Définitions poétiques, philosophiques …. Définir l’Art par la beauté ne mène pas très loin.

Qu’est ce qui est de l’Art, qu’est ce qui n’en est pas ?

Pour la musique, on a commencer par combiner les sons pour les rendre agréables , puis on a combiné les sons, aujourd’hui, le silence lui-même et même la partition injouable deviennent œuvres musicales.

Le pinceau était mené par un discours au siècle dernier, aujourd’hui, il faut aller plus loin.

Avec la théorie de la médiation, une théorie de l’Homme sert de base à une théorie de l’Art.

Qu’est ce qui fait que l’homme est l’homme : perceptions, gestes, corps et pulsions sont acculturées par l’homme, l’animal, lui, les vit « au premier degré ». Cette acculturation donne naissance chez l’homme à des facultés que l’animal ne possède pas : langage, outil, histoire et désir.

Parler du langage des abeilles, des dauphins ou des baleines est un abus de langage. Le chimpanzé va utiliser un bâton pour décrocher un régime de banane, mais ce bâton sera ensuite abandonné et redeviendra un simple bâton, ce n’est donc pas un outil. Pas de révolutions ni d’évolutions autres que biologiques ou environnementales dans les « sociétés » de fourmis. Seul, l’Homme nie ses pulsions, ne mange pas quand il a faim, ne dort pas quand il a sommeil, et ne copule pas à la saison des amours.

L’homme s’abstrait de la nature, la nie.

La théorie de la médiation soutient (preuves expérimentales à l'appui) que la raison humaine, est quadruple.

- Plan I : la capacité de langage, de signe, de savoir, de logique.

- Plan II : la capacité artistique, l’outil, le faire, la technique, l’aspect matériel, l’habitat

- Plan III : la capacité historique, la personne, l’être, la société, le rapport à l’autre

- Plan IV : la capacité normative, le vouloir, la morale, l’éthique, la maîtrise du désir..

Tout phénomène proprement humain, quel qu'il soit, fait appel à ces quatre capacités.

Rappelons que ces quatre rationalités ont été distinguées par l'étude de malades et que l'observation qu'on pouvait être " malade d'un plan " en ayant conservé intactes les autres rationalités était la preuve de l'indépendance et de la non-hiérarchie de celles-ci.

Ainsi un aphasique (malade du plan I) ne sait plus parler correctement mais garde la capacité de communiquer (plan III) (par gestes ou par des mots " mal contrôlés "). Il en garde aussi le désir (plan IV).

Un agraphique (malade du plan II) ne sait plus écrire mais sait toujours parler. Mais il est affecté également tout ce qui touche la manipulation d'outils ainsi que le geste intentionnel : ainsi le malade ne sait plus s'habiller correctement, ni allumer sa cigarette, faire le signe de croix ou le salut militaire, etc.

Prenons maintenant un phénomène proprement humain et étudions le sous ces quatre plans : le langage.

Le mot ne colle plus à la chose puisque l'homme nie et le mot et la chose. Ainsi une « table » n'est pas nécessairement un plateau muni de pieds, elle peut être aussi "de multiplication", "d'harmonie", "d'écoute"..., mais elle peut même être n'importe quel support, pourvu qu'on y prenne un repas par exemple. C’est pour cela qu’il y a la synonymie, la polysémie.

On peut essayer de conformer le plus possible les mots au monde dans un but scientifique (la terre est une sphère), mais à l’inverse, on peut conformer le plus possible le monde aux mots, dans les mythes (St Christophe est censé avoir porté le Christ car c'est la signification de son nom en grec).

Une autre utilisation du langage est la visée esthétique. Il se justifie pour lui-même, se prend pour référence : poésie, rimes, allitérations, jeux de mots, maraboutdficelle etc …..

Dans l’Art

Les mots ne collent pas à la chose, mais les outils ne collent pas à la chose à faire.

Je peux enfoncer une vis avec un marteau, écrire avec du sang, peindre avec une brosse à dent, sculpter une motte de beurre.

L’empirie et la magie.

L’empirie : choisir le bon outil, faire le bon geste, élaborer la bonne méthode.

La magie, croiser les doigts, toucher du bois. Le geste du pianiste une fois la touche enfoncée a aussi peu d’effet que de tourner sa mayonnaise toujours dans le même sens pour la réussir.

L’esthétique : On l’appelle plastique, c’est l’Art pour l’Art. La figuration ne justifie plus l’œuvre, mais c’est la matière, la technique, le support etc ….

A propos de l’Art et de l’Artiste :

Il n’y a pas de différence entre le geste élégant du pêcheur à mouche et celui du danseur. Pas de différences de précision entre le laqueur de meubles et l’aquarelliste. Pas de différence entre l’Artiste et l’artisan.

S’il y a une différence, ce n’est pas dans la nature mais dans la culture. Notre société occidentale survalorise certaines visées plastiques au détriment de d’autres. Pire, elle nie la visée plastiques sous des prétextes d’efficacité et donc d’empirie.

Les sillons bien rectilignes du laboureur sont-ils seulement justifiés par une belle récolte ?

Le virage bien négocié de l’automobiliste par la sécurité routière ?

Les pleins et les déliés de l’instituteur d’antan, par une meilleure lisibilité ?

La beauté artistique n’est que la conséquence de la visée esthétique de notre capacité d’outil. Tout homme, sauf pathologie, en est pourvu. Il sera plus ou moins doué, il aura plus ou moins la capacité de l’exercer.